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Andres Serrano, The Morgue / Christine BOISSON
À propos de l’exposition « Andres Serrano, La part maudite » (Collection Lambert, Avignon, novembre 2006-février 2007).
(…) Que les images d’horreur renvoient à notre propre mort, c’est un fait. Mais qui alors ose s’interroger sur sa réalité la plus tangible : à savoir son heure et l’attitude dans laquelle elle nous laissera, que ce soit dans un lit ou ailleurs ? Ce sont précisément ces états indicibles que Serrano « met en scène ». Afin de « redonner une existence à des gens qui seraient passés dans une autre réalité que la nôtre… afin de trouver la vie dans la mort… », explique-t-il. Sans doute et on le croit. Et pourtant, ce que nous voyons va bien au-delà : en photographiant en plan serré des plaies ouvertes, un visage brûlé, des ongles noircis par les besoins d’une autopsie… des détails de la peau qui n’autorisent plus aucun doute – le sujet photographié est un sujet mort, Andres Serrano n’utilise pas la mort comme témoignage du vivant. Il suspend le temps : il représente une image intermédiaire entre la vie et la mort, souvent bien plus vraie que celle que les vivants se feront par la suite de notre absence au monde.
Il photographie « une surface ensommeillée qui s’éveillerait », pour reprendre les mots de Daniel Arasse. Et qui n’aurait pas fini de nous hanter.

Andres Serrano, The Morgue (Rat Poison Suicide), 1992, cibachrome, 152 x 125 cm © Andres Serrano.

Andres Serrano, The Morgue (Infectious Pneumonia), 1992, cibachrome, 152 x 125 cm © Collection Lambert en Avignon.
Jacasseries / Eudes MENICHETTI
À propos de l’exposition d’Eudes Menichetti (galerie ChantiersBoîteNoire, Montpellier, janvier-mars 2007).
(…)
— Au fond, cette couleur verdâtre générale, c’est assez dégoûtant, ces viscères, ces entrailles humaines mises à découvert, c’est l’organique au profit de l’apparence. Sois persuadé René, que c’est pourtant celles qui nous constituent : c’est ce « mou » qui agit le « dur ».
— Pas seulement. Ce n’est pas qu’incongru ou monstrueux. Ces glandes, ces neurones, ces tissus cellulaires, sont habités par des petits êtres, petits génies ou petits démons noirs visibles, dans le crâne représenté de l’artiste. Des fantômes supposés hanter son esprit comme dans Bon à rien.
(…)

Eudes Menichetti, Bon à rien, 2006, aquarelle sur papier, courtesy galerie ChantiersBoîteNoire, Montpellier.
Fantômes / Iglespum

